Dans sa chronique à QUB, David Proulx revient sur les cyberattaques qui ont marqué l’actualité d’octobre, au Canada comme ailleurs. Un chiffre retient l’attention : 948 failles dans le noyau Linux, la partie du système qui contrôle notamment l’accès à la mémoire et au matériel. OpenAI rapporte que son outil d’intelligence artificielle a réussi à les exploiter en environnement de test. OpenAI
Que permettaient ces failles? Un utilisateur qui disposait déjà d’un accès limité à une machine pouvait, dans les conditions du test, en prendre le contrôle comme administrateur. Le chiffre de 948 désigne donc des vulnérabilités distinctes, pas autant de serveurs piratés. L’outil a aussi proposé des correctifs. Pendant les dix jours qu’ont duré l’analyse et les vérifications, les responsables de Linux avaient déjà corrigé 61 des failles dans le code du noyau.
Au Canada, l’affaire Loblaw rappelle ce qu’une intrusion peut signifier pour les clients. Le 26 octobre, le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada a annoncé que le détaillant s’engageait à renforcer sa sécurité après une attaque ayant touché environ deux millions de Canadiens. L’intrusion elle-même remontait à février. priv.gc.ca
L’IA fait aussi son chemin du côté des défenseurs, mais à des rythmes très différents. Selon l’OCDE, 5,3 % des entreprises l’utilisaient pour leur sécurité informatique en 2025. Cette proportion atteignait 26,7 % chez les grandes entreprises, contre 3,7 % chez les petites. Derrière la percée d’OpenAI se dessine ainsi une autre question : qui a aujourd’hui les moyens de se servir de ces outils pour se protéger?


