HomeActualitésMBC : «L'IA menace-t-elle l'avenir de la littérature ?»

MBC : «L’IA menace-t-elle l’avenir de la littérature ?»

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Dans cet édito, Mathieu Bock-Côté revient sur la polémique autour du roman d’Aurélien Télisson (écrivain d’origine haïtienne vivant au Québec), présenté comme le grand livre de la rentrée littéraire.

Le livre, d’abord publié au Québec puis en France chez Grasset, a reçu un accueil dithyrambique : prix Fnac, sélection aux prix Renaudot, Femina et Goncourt, invitations dans les grandes émissions littéraires, et même des comparaisons avec Victor Hugo. On le célébrait comme le roman attendu sur la migration et la diversité.

Or, un compte Twitter (« Balance ton Claude », derrière lequel se trouve Samuel Fitoussi) a affirmé que le texte avait été écrit quasi intégralement par une intelligence artificielle. Un logiciel de détection (Pangram) indiquait un taux de 100 % IA, avec très peu de faux positifs. De nombreux lecteurs avaient déjà ressenti un style étrange et artificiel.

La réaction du monde littéraire a d’abord été le déni (« il a tout écrit lui-même »), puis la minimisation (« même si c’était de l’IA, peu importe » – position notamment de Virginie Despentes), avant de basculer dans l’accusation de racisme : critiquer l’auteur reviendrait à attaquer un écrivain noir qui parle d’exil.

Quelques jours plus tard, une seconde vague de révélations a surgi : Télisson aurait multiplié les plagiats au fil des années (textes repris de Louis Pauwels, d’articles indiens, philippins, colombiens, d’Alvin Toffler, de Kundera, etc.), allant jusqu’à obtenir un prix pour une nouvelle en partie copiée.

Bock-Côté y voit bien plus qu’une affaire individuelle. Selon lui, cette histoire révèle :

  • la médiocrité et la fatuité d’une partie de la scène littéraire parisienne, prête à sanctifier un livre idéologiquement conforme (« réalisme de la diversité ») ;
  • le réflexe systématique d’invoquer le racisme pour protéger un auteur contesté ;
  • et surtout la question de fond : que reste-t-il de la littérature si des productions générées par IA peuvent être acclamées comme des chefs-d’œuvre humains ?

Il conclut en soulignant que les réseaux sociaux ont joué un rôle décisif pour faire éclater ce qu’il considère comme une mascarade, là où le commentaire officiel restait aveugle.

En résumé, un livre encensé comme un événement littéraire majeur s’effondre sous les accusations d’écriture par IA et de plagiat répété, mettant en lumière les dérives du monde culturel et l’inquiétante perméabilité de la littérature à l’intelligence artificielle.

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