HomeRobotiqueNEO de 1X : Des nouvelles mains pourraient changer la robotique domestique

NEO de 1X : Des nouvelles mains pourraient changer la robotique domestique

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Ramasser une pièce de monnaie, manipuler un verre ou remonter une fermeture éclair : ces gestes ordinaires restent difficiles pour les robots. Avec les nouvelles mains de NEO, 1X cherche à franchir cette étape essentielle. Mais une meilleure dextérité ne signifie pas encore qu’un robot peut s’occuper seul de toute la maison.

Dans cette vidéo, French Robotique s’intéresse à une partie du corps souvent éclipsée par les démonstrations de marche ou de course des humanoïdes : leurs mains. Le sujet est pourtant central. Un robot peut reconnaître une tasse et se déplacer jusqu’à elle sans parvenir à la saisir correctement. Pour devenir utile au quotidien, il doit aussi adapter ses doigts, doser sa force et réagir lorsque l’objet bouge.

La nouvelle main de NEO, vise précisément cette combinaison de mobilité et de sensibilité.

Que signifient les 25 degrés de liberté annoncés ?

La vidéo met en avant 25 degrés de liberté, répartis entre les doigts, la paume et le poignet. Ce terme décrit les possibilités de mouvement d’un mécanisme : plier une articulation ou faire pivoter le poignet, par exemple. Selon 1X, cette architecture comporte 22 degrés de liberté motorisés dans les doigts et la paume, auxquels s’ajoutent trois mouvements au poignet.

L’intérêt dépasse le chiffre. Une main doit pouvoir entourer une poignée, pincer un petit objet et modifier sa prise sans tout lâcher. Le placement des articulations et la capacité du pouce à rejoindre les autres doigts comptent autant que leur nombre.

La vidéo souligne d’ailleurs une distinction importante : se rapprocher de la mobilité humaine sur le papier ne revient pas à reproduire toute la dextérité d’une personne. Celle-ci dépend aussi du toucher, de la souplesse des tissus et de l’apprentissage.

Des tendons pour transmettre le mouvement

La transcription décrit des moteurs placés dans l’avant-bras, qui tirent sur des câbles reliés aux doigts. Le principe rappelle celui des tendons humains : une partie de la force est produite à distance, puis transmise jusqu’à la main.

Cette organisation vise à limiter l’encombrement des doigts tout en conservant une capacité de préhension utile.

Autre caractéristique annoncée par 1X : les articulations peuvent céder sous une force extérieure et transmettre des informations sur l’effort subi. Le fabricant parle de « transparence en force ». An API to the Physical World

Concrètement, l’objectif est de mieux contrôler ce qui se passe au contact d’un objet. Commander un doigt pour qu’il se ferme est une chose ; détecter qu’il rencontre une résistance et adapter son effort en est une autre.

Le toucher, complément indispensable de la vision

Un verre commence à glisser. Une fermeture éclair résiste. Un objet se déforme lorsqu’on le serre. Pour réussir ces gestes, la vision seule ne fournit pas toujours toutes les informations nécessaires.

La vidéo explique que les capteurs tactiles des mains de NEO permettent de détecter la pression et les efforts latéraux associés au glissement. Ces informations peuvent aider le système de commande à corriger la prise.

C’est particulièrement pertinent lorsque les doigts masquent une partie de l’objet. Le robot doit alors s’appuyer sur ce qu’il mesure au contact, en complément de ce que ses caméras observent.

Le véritable enjeu est donc la coordination : voir, toucher, agir, puis corriger le mouvement.

Ce que montrent les démonstrations

La vidéo décrit une série de manipulations variées : assembler des briques de construction, utiliser un tournevis, brancher un câble USB-C, verser du thé ou saisir de petits objets.

Ces exemples illustrent plusieurs difficultés distinctes. Brancher un connecteur demande un bon alignement. Manipuler un verre exige une pression adaptée. Faire tourner un objet dans la paume nécessite de coordonner plusieurs doigts.

Il faut toutefois distinguer la capacité mécanique de la main et l’autonomie du robot. Une démonstration réussie ne précise pas nécessairement le nombre de tentatives, les conditions de préparation ou l’aide humaine utilisée.

NEO peut-il déjà travailler seul chez nous ?

La vidéo reconnaît cette limite : certaines tâches complexes nécessitent encore une intervention humaine.

La page officielle de commande de NEO indique également qu’un expert de 1X peut superviser à distance ses actions, à des moments planifiés, pour l’aider à effectuer des tâches qu’il ne maîtrise pas. 1x.tech

Le pourcentage d’autonomie évoqué dans la vidéo mérite donc de la prudence. Sans connaître les tâches évaluées et la méthode de mesure, il ne permet pas de prévoir quelle part du ménage le robot accomplirait seul dans un foyer donné.

Une maison impose aussi des situations changeantes : un objet déplacé, un tiroir coincé, du linge emmêlé. Une main performante fournit les moyens physiques d’agir ; le logiciel doit encore choisir les bons gestes et reconnaître ses limites.

Une avancée à juger dans la durée

Les nouvelles mains de NEO s’attaquent à un obstacle concret de la robotique domestique : manipuler les objets que nous utilisons chaque jour.

Leur intérêt devra se mesurer à travers des tâches répétées, dans des environnements variés, avec peu d’interventions humaines. La fiabilité, l’entretien et la sécurité compteront autant que les performances d’une démonstration.

La question devient alors très simple : le robot peut-il accomplir une tâche correctement, puis recommencer demain avec le même résultat ?

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